Exemples d'interprétation de rêves

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Exemple 1

Rêve de Dorothée

"Je me trouve au théâtre, bien placée sur l'allée centrale. C'est la fin de la pièce. Il y a beaucoup de monde. Je sors pour regagner ma voiture, garée tout près.

Arrivée à la voiture, je m'aperçois que j'ai oublié mon manteau sur le fauteuil que j'occupais à l'orchestre. Or il y a un autre manteau dans ma voiture. Sans trop savoir pourquoi, je le prends avec moi pour retourner au théâtre où beaucoup de spectateurs s'attardent encore dans le hall d'entrée. Je récupère mon manteau à ma place et repars donc avec deux manteaux. C'est alors que je me demande comment il se fait que j'ai le manteau dans la voiture... peut-être ai-je pensé qu'il était possible que je ne retrouve pas celui que j'avais laissé au théâtre...

Je repasse par le hall quand un jeune homme vient vers moi afin de me remettre un autre manteau qui m'appartient et qui était resté au théâtre où il semble que j'ai travaillé. Du coup, je repars avec le troisième manteau sur les bras !"

Première impression de l'interprète

Ce rêve très structuré, contient de nombreux symboles mis en scène pour en former le sens. A la première lecture j'ai été très sensible à deux éléments :

  • Dorothée est bien placée
  • Elle dispose de plusieurs manteaux et ne sais pas encore pourquoi ni quoi en faire

Ce que j'ai immédiatement et intuitivement - à ce stade - traduit par : elle est bien placée socialement (le théâtre de la vie), elle ne sait pas encore quel nouveau rôle elle va jouer, trop de choix, hyper-adaptation... poire pour la soif ("peut-être ai-je pensé qu'il était possible que je ne retrouve pas celui que j'avais laissé au théâtre...").

Les symboles et leur articulation dans le rêve de Dorothée :

Le théâtre : peut-être considéré comme la vie sociale/professionnelle, le lieu où l'on voit chacun dans un rôle, où l'on en joue un, où l'on se montre, où l'on se projette dans le rôle des acteurs, bref, le lieu de la représentation (sociale). Ce peut être également, pour quelqu'un qui réalise un travail thérapeutique, le lieu de son analyse, de son "travail", ou de l'appartenance à un groupe dont le travail se termine. En effet, elle y a travaillé : "au théâtre où il semble que j'ai travaillé". "C'est la fin de la pièce".

Dorothée est "bien placée sur l'allée centrale". Selon les informations transmises par Dorothée en marge du rêve, on comprend que sa relation à son père, si elle lui a permis de "compenser" une carence maternelle, lui a aussi permis de développer d'importantes capacités d'action au détriment de ses capacités à ressentir, de tenir compte de ses émotions, sur lesquelles elle ne peut pas s'appuyer facilement car elle ne peut se reposer sur sa mère, jugée non "fiable" dans son rôle de mère. Aussi, elle est bien placée et au centre d'un monde qui lui est familier, du domaine du père, celui de l'action, de la vie sociale, de l'intellect.

La voiture : la manière dont on conduit sa vie peut être symbolisée par la voiture. Elle la conduit elle-même, elle l'a garée tout près du lieu où la pièce se joue, où tout se passe. Son pragmatisme et sa capacité à se débrouiller dans la vie, à trouver une bonne place n'est plus à prouver.

Le (les) manteaux : ce qui protège, ce qui est montré aux autres socialement. On ne montre pas ses sous-vêtements, et les vêtements que protègent le manteau sont montrés à l'intérieur d'un espace où les individus échangent, se parlent ou ne se parlent pas mais où leurs relations se jouent, où la protection contre les éléments extérieurs est assurée par les murs et le toit et les fenêtres, une maison, un lieu comme un théâtre aussi. Le manteau est ce qui nous permet d'aller au dehors en toute protection. La qualité du manteau désigne une appartenance sociale, la capacité que l'on a se protéger de manière adéquate ou pas..., l'adaptation aux "dangers" du monde extérieur. Il désigne aussi une fonction sociale.

Ici, rien n'est dit sur leur apparence. En revanche, Dorothée questionne leur utilité, leur rôle. Dans quel rôle social va-t-elle jouer la prochaine pièce (celle-ci est terminée) ?

A ma question : "seriez-vous dans une phase de transition professionnelle ?" Dorothée répond : "j'ai trois formations sur le dos !". Le rêve se termine par "je repars avec trois manteaux sur les bras !". Le fait est que Dorothée est encore proche du rôle qu'elle a joué tout récemment (celui qui se termine avec la pièce) car elle dit "je récupère mon manteau à ma place" lorsqu'elle revient le chercher au théâtre. Tandis qu'elle ne s'est pas approprié les deux autres manteaux qui semblent être là sans qu'elle sache pourquoi.

Le chiffre trois : symbole d'équilibre. Trois niveaux de conscience de l'être : intimité, relation à l'autre, rôle social. Le ça, le moi, le sur-moi. Ce qui est en question dans le rêve est l'accomplissement, la réalisation de soi, l'intégration des trois composantes que ce chiffre représente.

Conclusion

Chaque phase de notre évolution nous fait repasser par les phases de notre construction personnelle, avec plus ou moins d'anxiété, en fonction du travail sur nous-mêmes déjà effectué (qu'il soit personnel ou thérapeutique). Dorothée en est au stade, où, cette fois, elle ne veut pas reproduire le système qui a prévalu jusqu'à présent. Il semble que la fin d'un cycle professionnel, réactive chez elle une légère anxiété et l'on voit à travers ce rêve de quelle manière elle le vit. Les carences de sa relation à sa mère ont fait qu'elle s'est plus appuyée, pour se construire, sur ses capacités d'action, l'importance donnée à la conformité à un modèle social et les valeurs proposées par son père, qu'à ses ressentis, alors qu'elle aurait dû mettre les unes au service des autres. Elle a encore du mal à choisir une voie pour la suite. Sur quel critère le faire ? Elle a développé une forme d'hyper-adaptabilité pour ne jamais se trouver prise au dépourvu dans le regard des autres, et rester toujours protégée par une position sociale ou professionnelle, d'où le nombre de manteaux. Il faudrait que Dorothée résiste cette fois, à la tentation de se reposer sur cette sur-adaptation. Au contraire, elle devrait développer sa confiance dans sa capacité à ressentir et son intuition, sa dimension féminine (qu'elle sait très bien utiliser pour les autres) pour choisir sa nouvelle voie sans avoir peur de déplaire ou d'être exclue. Je ne me fais aucun souci quant à la mise en œuvre par la suite, c'est son point fort !

Exemple 2 :

Rêve de Valérie

"Je suis dans une maison avec pleins d'amis. Nous nous amusons bien. C'est très agréable.

Mais petit à petit la situation se dégrade, les gens se détournent de moi sans que j'en connaisse la raison. Je ne comprends pas, je me débats en essayant de leur demander ce qui se passe, mais ils ignorent mes questions comme s'ils les interprétaient d'avance comme des tentatives de retournement de situation dont ils auraient été prévenus comme s'ils devaient s'en protéger.

Je comprends que ma sœur Sylvie est à l'origine de ce problème car je vois mes amis rassemblés autour d'elle dans cette maison. Ils s'en vont tous.

Je suis dans une rue et je vois une sorte de mini bus ou de grande voiture autour de laquelle s'affairent mes anciens amis. Ils font des courses : achats de nourriture pour une fête qu'ils organisent ensemble. Je crois que leur véhicule est orange, une couleur dans ce genre-là*. Je tente de donner le change pour reconquérir mes amis en étant souriante et je m'approche pour leur dire bonjour en leur faisant la bise. Les premiers se laissent faire mais plus j'avance dans le groupe, moins ils acceptent. Il y en a même une qui fait comme si elle ne m'avait pas vue et continue de parler avec quelqu'un d'autre alors que j'ai approché mon visage du sien. Je suis malheureuse mais je suis coincée, je ne peux rien faire, ils ont un à-priori contre moi et ils sont influençables et influencés par elle. Ce qui me donne un peu d'espoir est le fait que les premiers que j'ai embrassés n'ont pas refusé et avaient même l'air contents de me voir même si un peu gênés/coupables mais j'aurais tellement aimé qu'ils me choisissent sans que j'ai à me battre pour, c'est bien trop humiliant, j'étais là la première. Et pourtant, je suis exclue du groupe que j'avais autour de moi."

Valérie précise :

"* couleur de la voiture de papa dans les années 70, à l'époque de son remariage avec Françoise" (Françoise est la sœur de la mère de Valérie - sa tante en d'autres termes - qui va donc devenir la belle-mère de Valérie en évinçant sa propre sœur)

Quelques éléments du contexte familial de Valérie

Lorsque Valérie avait une dizaine d'années, son père s'est remarié avec la sœur cadette de sa première femme, la mère de Valérie. La tante de Valérie est donc devenue sa belle-mère.

Valérie et Sylvie sont sœurs, toutes deux issues du même père et de la même mère et Sylvie est la cadette de Valérie, comme sa belle-mère est la sœur cadette de leur mère. Nous sommes donc en présence de deux "couples" de sœurs, à une génération d'écart, centrés autour d'un même homme, le père de Valérie, et en rivalité.

Analyse

Les thèmes abordés dans ce rêve sont : la communication bloquée, la paranoïa, la sexualité représentée ici par la couleur orange, la fête, l'image de soi réduite au regard de l'autre, la peur de la manipulation, la problématique d'acceptation de soi, l'abandon, la place dans le groupe.

Les états émotionnels identifiés à la lecture du rêve :

(les extraits qui suivent relèvent des croyances de la rêveuse, ne sont pas étayées par des preuves)

  • "La situation se dégrade, les gens se détournent de moi..." Pessimisme, paranoïa.
  • « Je ne comprends pas… » Embrouillement mental, confusion.
  • "Comme s'ils les interprétaient d'avance..." Projections des autres, sentiments d’être toujours jugée.
  • "Comme s'ils devaient s'en protéger." Angoisse d’être toxique ou repoussante. Peur d’être manipulante d’avoir été trop manipulée.
  • "Ma sœur Sylvie est à l'origine de ce problème..." Introduction / croyance de l’élément de causalité, la sœur, la concurrente, le double, la part inconnue.
  • "Je crois que leur véhicule est orange..." L’énergie qui fait se mouvoir le groupe serait principalement sexuelle et rattachée à une période historique, les années 70, celle de son enfance. Energie totalement déplacée dans l’éducation de la petite fille.
  • "Je tente de donner le change..." Polymorphie, adaptabilité, mais doute de soi.
  • "Une qui fait comme si elle ne m'avait pas vue..." Sentiment d’être niée, ignorée par l’autre. Pas de place, négation de soi.
  • Je suis coincée, je ne peux rien faire..." Angoisse, blocage émotionnel nécessitant beaucoup d’énergie pour chaque entreprise.
  • "Ils ont un à-priori contre moi et ils sont influençables et influencés par elle." Désignation de la personne responsable de sa disqualification, celle qui la jalouse. Mise en évidence de l’influençabilité, donc de stratégies manipulatoires familiales.
  • " Ce qui me donne un peu d'espoir..."
  • Contre le pessimisme ambiant, la foi ou l'espérance de la rêveuse
  • .
  • "Contents de me voir même s'ils sont un peu gênés/coupables..." Motivation de l’espoir : l’intelligence de Valérie a toujours perçu les signaux positifs allant vers elle, même si la croyance émotionnelle acquise lui a fait craindre le contraire. Ce serait donc peut-être l’autre le coupable.
  • « C'est bien trop humiliant, j'étais là la première… » Sentiment d’être déchue, de devoir implorer pour reprendre sa place. « J’étais là la première" n’est pas une croyance, mais bien une réalité concrète. Valérie est l’aînée et la responsable. C’est donc cette place que Valérie doit revendiquer et ne pas s’abaisser à quémander une reconnaissance qui ne peut être celle d’un élément lambda du groupe, mais bien celle de première dame.
  • « Je suis exclue du groupe… » Sentiment de différence, de marginalité ou bien, d’être l’é…lue.

Eléments clefs d'interprétation : Sylvie

Dans le rêve, Sylvie est à la fois la sœur, la tante et la mère, les rivales de Valérie qui ont intérêt à ce qu'elle "ne sache pas". Les adultes, sont de ce fait, perçus comme manipulants car ils savent quand la petite fille qu'elle était ne savait qu'intuitivement. Dans ces soirées/fêtes familiales elle a pu se sentir tour à tour abandonnée ou une proie face à certains regards concupiscents.

Mais le prénom Sylvie est également, étymologiquement, l'endroit caché, les émotions qui nous dépassent donc probablement la part sexuée de Valérie. Elle se sent abandonnée si sa dimension intellectuelle n'est pas reconnue car le théâtre des relations sexuelles des adultes était embrouillé dans un nuage de non-dits/mal-dits dans lesquels elle s'est perdue autrefois. Les codes de communication n’ont pas été transmis à la rêveuse, ceux qui régissent le cadre de l’enfant, ceux qui appartiennent au monde de l’adulte et ceux qui délimitent les deux précédents, où s’arrêtent-ils et où s’interpénètrent-ils ?

Les liens des éléments du rêve sont très visibles puisque ce sont tous ceux qui sont liés au sentiment de rejet et d’abandon, tous les états émotionnels soulignés dans le rêve.

Synthèse

La première partie du rêve, celle où la situation de départ est décrite est positive. Valérie est dans une maison avec plein d'amis on s'amuse bien. La vie est bien présente.

Ensuite, elle décrit un voyage émotionnel qui va conduire petit à petit jusqu'à l'exclusion par la sœur, la mère, la tante, rivales jalouses. Toute identification à Sylvie qui représente sa dimension sexuée ne peut se réaliser puisqu'elle est sa rivale et que cette dimension est dangereuse pour l'enfant qu'elle était, l'enfant et la femme ne sont pas encore réunies en elle. Dans les groupes, la femme en elle ressent des émotions qui ne sont pas en rapport avec la réalité dès lors que certains éléments du passé ressentis autrefois dans le groupe familial sont réactivés, tels que les non-dits ou mal-dits, les relations intra-groupe qui apparaissent comme non-claires, l'apparition de la manipulation ou le sentiment de complot. Tout comme par le passé lorsque on ne lui disait pas pourquoi elle devait aller se coucher les soirs "d'orgies". Elle ne pouvait pas en faire partie mais ne savait pas réellement pourquoi.

La résolution de ce problème se trouve dans la phrase finale :"je suis exclue du groupe" pourrait se lire comme "je suis élue" car "j'étais (là) la première". Ainsi, Valérie doit accepter de prendre sa place de leader dans les groupes puisqu'elle en a la légitimité.

Ce rêve montre l'impact limitant de la croyance qu'elle a dû mettre en place pour supporter une situation très difficile et très destructurante pour une enfant : elle a préféré croire qu'elle était exclue du groupe par manque de valeur tandis que ses parents l'ont exclue du groupe pour la protéger de leurs dérives. Elle a donc vécu des années durant avec ce sentiment de n'avoir pas de légitimité dans les groupes alors qu'elle avait toute sa place dans des groupes d'adultes. Elle doit se servir de ses impressions pour déceler l'immaturité de certains et se positionner par rapport à eux au lieu de s'exclure.

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